Enquête sur « l’usage des réseaux sociaux dans les entreprises»

Publié le par Stéphanie Fougeras

37% des salariés fans de leur entreprise sur un réseau social. L’Observatoire Cegos a mené l’enquête auprès de 1 200 salariés et 300 responsables de réseaux sociaux dans les entreprises afin de mieux comprendre l’impact des médias sociaux sur l’activité professionnelle. Les salariés parlent-ils de leur entreprise sur les réseaux sociaux ? Qu’en disent-ils ? Quel impact les réseaux sociaux ont-ils sur leur travail ? Du côté des entreprises : ont-elles mis en place des politiques quant à l’usage des réseaux sociaux par leurs collaborateurs ? Vont-elles créer des postes spécifiques pour gérer ces flux ?

 

Un usage professionnel plutôt « passif » des réseaux sociaux

 

Premier constat de cette étude, les salariés sont très présents sur les réseaux sociaux, surtout les plus jeunes. Facebook domine largement dans ce paysage avec 61% des salariés qui déclarent détenir et utiliser un compte Facebook. Les réseaux sociaux professionnels arrivent loin derrière : 9% pour Viadeo et 6% pour Linked In.

 

A titre professionnel, les salariés interrogés utilisent les réseaux sociaux avant tout pour agrandir le cercle de leurs connaissances (59%), prendre des informations sur le marché, les concurrents (44%) ou chercher un emploi (25%).

 

Comme le souligne Philippe Gérard, manager des formations digitales chez Cegos : « L’usage des réseaux sociaux relève principalement de la sphère privée. Les salariés se servent des réseaux sociaux d’une manière plutôt basique, principalement comme d’un « carnet d’adresse » ou au mieux comme d’une source d’information pour leur veille. Les ressources potentielles de ces réseaux pour un usage professionnel plus « actif » (prospection, recrutement, projets collaboratifs,…) sont encore peu développées parmi les salariés ».

 

Un meilleur accès à l’information, un impact globalement positif … mais jugé chronophage

 

Les réseaux sociaux ont indéniablement une incidence sur l’accès à l’information puisque près d’un tiers des salariés affirme que cela améliore cet accès : c’est le point le plus positif qui ressort de cette étude. En revanche, l’utilisation des réseaux sociaux peut se révéler chronophage et influer négativement sur la gestion du temps de travail.

 

S’exprimer sur les réseaux sociaux vis-à-vis de l’entreprise ? Même pas peur !

 

Si on leur demande s’ils ont des craintes vis-à-vis de leur employeur lorsqu’ils s’expriment sur les réseaux sociaux, seuls 20% des salariés répondent « oui ».

 

Philippe Gérard confirme : « Si les salariés n’ont pas peur de s’exprimer, c’est sans doute parce qu’ils ont tendance à s’auto-discipliner. On voit d’ailleurs que 45% des salariés pensent qu’ils n’ont pas le droit de parler de leur entreprise sur les réseaux sociaux quand seulement 25% des responsables de réseaux sociaux affirment avoir mis en place de telles interdictions. Les salariés sont en réalité plus prudents que ce qui leur est demandé ».

 

Les résultats sont plus mitigés du côté des responsables des réseaux sociaux même si, là aussi, les craintes vis-à-vis de l’image de l’entreprise restent limitées (30%).

 

Ajoutons que dans les faits, les salariés s’expriment assez peu sur leur entreprise : seuls 9% d’entre eux déclarent avoir posté des avis sur les produits de leur entreprise, ils sont tout aussi peu nombreux à avoir émis un avis sur leur management.

 

Aujourd’hui, 37% des salariés se déclarent « fans » de leur entreprise, ce qui corrobore les résultats d’une autre étude Cegos sur le climat social datant de novembre 2011, et qui indiquait que les salariés apprécient plutôt leur entreprise.

 

La montée en puissance des « community managers »

 

Une entreprise sur deux est déjà présente sur les réseaux sociaux.

 

Pour autant, les entreprises ne disposent pas toujours des compétences requises pour gérer ces nouveaux flux de communication : seuls 43% des responsables de réseaux sociaux jugent leurs équipes compétentes sur ce sujet.

 

« Ces outils sont récents, leur optimisation nécessite un temps d’apprentissage, aussi bien pour les entreprises que pour les salariés » analyse Philippe Gérard. « De plus, les formations initiales pour devenir un professionnel des réseaux sociaux, plus communément appelé Community manager, n’existaient tout simplement pas jusqu’à récemment ».

 

En effet, 28% des entreprises ont créé un ou plusieurs postes dédiés à la gestion des médias sociaux ces dernières années. Profil type des entreprises employant un community manager : les grandes entreprises (57%), surtout dans le secteur banque-assurance (50%).

 

En outre, 27% des responsables de réseaux sociaux interrogés ressentent le besoin de créer un poste dans les années à venir, en particulier les entreprises moyennes : 47% des entreprises de 250 à 5 000 salariés estiment avoir besoin d’un community manager dans les 3 ans à venir.

 

Le réseau social interne d’entreprise 2.0 encore en gestation

 

Si entreprises et salariés ont bien perçu l’intérêt de leur présence sur les médias sociaux grand public, le développement d’un réseau social interne à l’organisation n’est pas encore une priorité. On ne recense que 23% d’entreprises disposant d’un tel outil, surtout dans les très grosses structures.

 

Parmi les explications possibles : les salariés craignent que ce type de réseaux ne permette à l’entreprise d’accéder à leurs données personnelles (32%) et à évaluer leur performance (28%). Côté entreprises, on met l’accent sur l’effet chronophage de tels réseaux (55%).

 

Philippe Gérard conclut : « Les réseaux sociaux internes restent l’apanage des sociétés innovantes, prêtes à investir lourdement en informatique. Beaucoup restent dans l’expectative, redoutant des problèmes organisationnels, sécuritaire et d’investissement. Toutefois ces réseaux sociaux internes tracent à l’évidence l’avenir. Ils s’inscrivent dans un ensemble de technologies qui préfigure un monde du travail plus décentralisé et mobile. Une tendance vers le SoLoMo (Social-Local-Mobile) qui annonce de nouvelles méthodes de management, une nouvelle organisation du travail où le lieu et la présence physique ne seront plus aussi déterminants qu’avant. »

Commenter cet article