Les jeunes diplômés confrontés aux difficultés d'emploi

Publié le par Stéphanie Fougeras

"Quand l'école est finie", que se passe-t-il pour les jeunes diplômés ? C'est la question qu'a posé le Céreq à 25.000 jeunes trois ans après la fin de leurs études. Le bilan est plus que mitigé puisque plus de la moitié d'entre eux a déjà connu le chômage, et celui-ci à des conséquences sur la suite de leurs parcours...

Les jeunes diplômés confrontés aux difficultés d'emploi

La crise a rendu plus difficiles les premiers pas dans la vie active de l'ensemble des sortants de la génération 2007. C'est le premier constat du Céreq qui vient de publier les résultats de son enquête menée auprès de 25 000 jeunes, trois ans après qu'ils aient terminé leurs études (en 2007). Une enquête qui a permis d'observer comment les nouvelles générations entrent sur le marché du travail et accèdent à l'emploi.
Confrontés à l'emploi précaire
L'emploi précaire est finalement devenu la norme lorsqu'on démarre sur le marché du travail : missions intérim (16%), contrats aidés (12%), CDD (37%), vacation... Les deux tiers des premières embauches se font via contrats précaires. Le CDI n'est pas la norme, que l'on soit fortement diplômé ou non. Trois ans après la fin de leurs études, un tiers des jeunes travaillent toujours sous ce type de contrats, et ce chiffre ne fait qu'augmenter. Si près de 80% des jeunes accèdent à un premier emploi en moins de 6 mois, pour 30% d'entre eux seulement sont embauchés en CDI. Seuls les sortants d'écoles d'ingénieurs sont très majoritairement en CDI (75 %). Les diplômés d'école de commerce le sont eux à 52%.

Le chômage pour un tiers d'entre eux
Beaucoup de jeunes de "la génération 2007" ont également connu le chômage. Un jeune sur deux a connu au moins un épisode de chômage au cours de ses trois premières années d'activité. 34% ont vécu au moins 6 mois dans cette situation, souvent avant même leur toute première expérience en emploi. Les plus touchés sont les moins diplômés 56% passent plus d'un an à chercher un job contre 27% des diplômés du secondaire et 9% de l'enseignement supérieur. Au moment de l'enquête, 25% des jeunes interrogés n'étaient pas encore sortis du chômage et n'avaient connu que cette situation pendant leurs trois premières années de vie active.

Les conséquences pour leur carrière
Le chômage influence le parcours des jeunes selon le Céreq. Les jeunes ayant "démarré leur vie active" après une période de chômage plutôt que directement après les études sont plus souvent en CDD ou en intérim. 
Autre phénomène : trois ans après la fin des études, plus de la moitié des jeunes hommes et plus d'un tiers des jeunes femmes habitent toujours chez leurs parents. La précarité agit donc comme un frein à l'autonomie résidentielle constate le Céreq. Aussi, les jeunes commencent d'abord à travailler pour ensuite quitter le domicile familial, et non plus le contraire.
En conclusion, le Céreq note des inégalités entre les jeunes. Certains accèdent plus facilement à l'emploi et d'autres cumulent les "handicaps" et les difficultés d'insertion. L'emploi et l'autonomie des jeunes doit rester un enjeu essentiel des politiques publiques, et l'approche actuelle du problème semble avoir ses limites...

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