les réseaux sociaux comme outil d’intégration

Publié le par Stéphanie Fougeras

29/08/2012 | Article | Management des Ressources Humaines

Diversité : les réseaux sociaux comme outil d’intégration

Les experts s’accordent à la dire : l’entreprise se doit de donner un cadre pour évoquer le sujet de la diversité. Dans quelle mesure, les réseaux sociaux sont-ils susceptibles de changer la donne dans la gestion de la diversité ? Peuvent-ils s’imposer comme des outils tangibles oeuvrant en faveur de l’intégration ? Tour d’horizon au travers des témoignages d’experts livrés lors du Forum de la Diversité qui s’est tenu les 2 et 3 juillet derniers.

 

Au cours des dernières années, les RH ont énormément progressé consécutivement à la montée en puissance des réseaux sociaux. Que ces derniers soient interne ou externe à l’entreprise, ils permettent de créer et d’entretenir un lien social et/ou professionnel.

 

Et cela change considérablement la donne. Aujourd’hui, nul besoin de passer par une grande école pour bénéficier de ces fameuses connexions professionnelles. Grâce à ces nouveaux outils 2.0, tout le monde peut désormais construire son propre Network. « Le réseau social est une formidable occasion de présenter un profil différent auprès de recruteurs », insiste Oliver Fecherolle, Directeur général stratégie et développement de Viadeo France, avant d’ajouter que « cela donne une vraie visibilité à 360 degrés sur la personnalité du potentiel collaborateur et cela contribue également à casser un certain nombre de préjugés liés aux diplômes, par exemple ». Résultat ? L’entreprise dispose désormais d’un champ des possibles beaucoup plus large pour avoir accès aux talents de demain. Un moyen efficace de lutter contre toutes formes de discriminations et d’offrir à l’organisation les clés d’une politique diversité efficiente.  

 

« Les utilisateurs prennent le pouvoir du réseau social d’entreprise et des communautés se créent spontanément. Certaines traitent des problématiques inhérentes à la solidarité ou encore à l’égalité homme/femme. Néanmoins, nous avons remarqué que ce ne sont pas nécessairement les sujets dominants. Les collaborateurs se fédèrent, en effet, de plus en plus autour de thématiques ayant trait au phénomène religieux ou encore à l’orientation sexuelle. Cela démontre qu’il y a aujourd’hui un besoin et une volonté affichée de nos salariés de communiquer sur ces sujets qui ne sont pas forcément aborder par l’entreprise », indique Jacques Spelkens, Chef du département développement des territoires et réseaux RSE au sein du groupe GDF Suez.

 

RSE : quel retour sur investissement ?

 

A la question, combien de temps les collaborateurs mettent-ils pour s’approprier un réseau social d’entreprise, Sophie Delmas, Secrétaire générale de l’Observatoire des réseaux sociaux d’entreprise et Chef de projet RH 2.0 chez BNP Paribas répond « C’est un processus très long, de l’ordre de un à deux ans, avant qu’il y ait un début d’activité significative. Chez BNP Paribas, nous avons néanmoins noté la création d’un certain nombre de communauté comme par exemple, celle des stagiaires et des nouveaux entrants qui se sont constitués en groupe. Ils sont près de 180 aujourd’hui ». Le groupe bancaire a également, profité de son RSE pour mettre en place un processus de reverse mentoring.

 

Et côté ROI de ces nouveaux outils ? « On ne peut pas véritablement parler de retour sur investissement. En revanche, il y a de véritables objectifs qualitatifs. Cela renforce l’engagement des salariés au travers d’un dialogue et permet de transférer les compétences de manière plus directe et ludique », souligne la Secrétaire générale de l’Observatoire des réseaux sociaux d’entreprise.

 

Et la question de la fracture numérique ? Selon Marie Khayat, Consultante en marketing Entreprise 2.0 et Medias sociaux, « les seniors et certaines catégories de population sont exclus de cette vague 2.0. Par exemple, 75 % des personnes de la filiale du groupe Auchan, Simply Market, n’a pas accès au numérique. En se basant sur ce constat, le groupe a mis en place un réseau social d’entreprise accessible via Smartphone afin de permettre à tous les collaborateurs de se connecter entre eux. Une manière de renforcer la cohésion sociale au sein de l’entreprise ».

 

Au final, pour le Chef du département développement des territoires et réseaux RSE du groupe GDF Suez, « les RSE viennent s’inscrire en complément des réseaux existants et sont un excellent levier pour œuvrer en faveur de la diversité au sein même de l’entreprise, à condition qu’il y ait un vrai travail du Top et du Middle management pour s’approprier ces nouveaux outils ».

 

 

Emilie Vidaud

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